LES PYRÉNÉES ET LE LANGUEDOC
Les Pyrénées sont une chaîne, une muraille. Dire qu'elles séparent la France de l'Espagne est une évidence, mais cette évidence en définit leur personnalité. Le massif alpin est fait de vallées qui communiquent entre elles ; c'est une zone de rencontres, de communications et, en fonction de celles-ci, d'urbanisation. On ne voit rien de tel dans les Pyrénées où les passages sont rares, difficiles d'accès, sinon aux confins maritimes de la chaîne, sur l'Atlantique et la Méditerranée et où, pour cette seule raison, dirait-on, on a vu fleurir une industrie mal connue ailleurs, la contrebande à quoi s'est ajouté, pendant la dernière guerre, le passage des réfugiés. Si le mariage de Louis XIV avec l'Infante a supprimé les Pyrénées, il n'a pas supprimé les montagnes dont le rempart constitue, du Roussil-lon au Pays basque, une sorte de bouclier dressé vers le ciel, avec des altitudes qui atteignent ou dépassent les trois mille mètres.
La rigueur, la dureté, la puissance ne sont pas celles des Alpes. Il y a sur les bordures maritimes une plus grande douceur, et, vers le centre du plissement, une sorte de fraîcheur que le climat explique sans doute ; et pourtant, il n'y a pas, comme dans les vallées alpines, cette humanisation qui date de loin et qui donne aux paysages leurs caractéristiques particulières, avec cette pénétration des chemins et des villes. Une espèce d'isolement met ici la montagne à l'écart de la plaine. Ce sont deux mondes distincts presque étrangers. C'est ce qui confère sans doute aux Pyrénées leur vraie valeur : elles ne ressemblent à aucune autre montagne en France. La montagne est ici un peu un monde à part ; mais en contrebas s'étend un vaste pays qu'elle domine avec ses neiges et qui en tire tout son éclat : ce sont le Pays basque, le Béarn, le Languedoc toulousain et celui du Roussillon.
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