LUXEMBOURG
Pour qui vient de Belgique, de France ou d'Allemagne, la transition est douce. On paie en francs luxembourgeois ou en francs belges, monnaies de valeur égale, et les autochtones, même s'ils demeurent, entre eux, profondément attachés au « letze-burger », une variété d'allemand, parlent aisément le français, langue juridique et administrative, et naturellement l'allemand, enseigné comme langue de culture générale. On se sent donc rapidement chez soi au Grand-Duché de Luxembourg, petit pays certes (2587km2 et quelque 350 000 habitants), mais dont l'atmosphère de bonhomie tranquille procure aux visiteurs l'atmosphère de vacances et la détente qu'ils vont y chercher.
Avec un art consommé, la nature a, sur ce territoire restreint, créé une synthèse de ses particularités. Comme en un kaléidoscope, les paysages se modifient, âpres et sauvages dans le nord, prolongement de l'Ardenne belge et de l'Eifel rhénan ; doux, lumineux et fleuri dans le Gutland (le « Bon Pays») méridional. A perte de vue, d'immenses étendues de bois (un tiers de la superficie du pays) alternent avec les landes de genêts, de bruyères et de genévriers. Des eaux coulent, fertilisant une terre grasse et rouge ou érodant le pied de falaises abruptes, les nombreux affluents de l'Our, de la Sûre et de la Moselle animent, par surcroît, des villages suffisamment pimpants et pittoresques pour retenir les touristes. Luxembourg, la capitale, coupée par le profond ravin de la Pétrusse qui sépare la ville basse de la ville haute, étonne ; deux mondes là encore. L'un, qui, durant des siècles, fut une des plus puissantes forteresses de l'Europe, seulement démantelée en 1867. L'autre, accueillant nombre d'institutions internationales et devenu lieu de choix des banquiers pouvant encore y ignorer la plupart des actuels problèmes monétaires.
|