PRINCIPAUTÉ DE MONACO
Tout le monde sait qu'à Monaco, personne ne paie d'impôts. La principauté est un royaume irréel, une sorte de Cité idéale imaginée par un rêveur impénitent. Il suffit de s'y rendre, d'ailleurs, pour en être convaincu. Il y a là un prince plutôt débonnaire, qui, dans les grandes occasions, porte un bicorne empanaché, une princesse qui, selon une ancienne tradition locale, a d'abord été actrice, une relève de la garde qui est un spectacle charmant, des remparts qui ne servent à rien, ; des canons qui n'ont guère servi depuis plusieurs 'siècles, et toutes sortes de choses inutiles, entre l autres une frontière avec la France. Le plus sur-l prenant, c'est que Monaco puisse exister vraiment t dans un univers comme celui dans lequel nous f-vivons.
C'est que Monaco a une histoire; et c'est l'histoire qui fait les peuples et les cités. La préhistoire y a laissé quelques traces, Jes Grecs également, Ipuis les Romains. La ville fut une colonie génoise an XII siècle, au temps des luttes que se faisaient Iles Italiens à propos du pape et de l'empereur Id'Allemagne. Une famille génoise du parti guelfe, failli du pape, s'empara du Rocher en 1297 et en tfit une base navale; elle s'appelait Grimaldi.
Entre l'Italie, l'Espagne et la France, les Grimaldi vont réussir, pendant près de huit siècles, à garder leur indépendance et à faire de cette dernière cité italienne un Etat indépendant que seuls, la Révolution et l'Empire puis les Allemands parviendront, pour un temps, à soumettre à des lois qui étaient imposées et non acceptées. Les Grimaldi se tuent entre eux, de temps en temps, à la façon italienne. Il faut bien garder le pouvoir. Ils le gardent si bien qu'ils l'ont toujours. Le prince Florestan, né en 1785, régna sur la principauté quand Napoléon alla à Sainte-Hélène. Son épouse s'appelait Caroline. Ils avaient tous les deux un sens remarquable des affaires. Ils comprirent que les Anglais aimaient la Méditerranée et ils firent de Monaco un centre de villégiature; ils avaient compris aussi que les jeux de hasard, qui avaient un grand succès en Allemagne, dans les villes d'eaux, faisaient le plaisir des gens qui n'avaient rien d'autre à faire sur terre que de dépenser des fortunes qu'ils n'avaient pas eu la peine de gagner. Ils eurent l'idée de créer, comme à Bade, un casino.
|