LES FLANDRES, L'ARTOIS, ET LA PICARDIE
Au Nord de la France commence une plaine qui n'en finit plus et qui va, tout d'un trait, jusqu'en Prusse, sans qu'aucun vallonnement en arrête la simple ondulation, sinon quelques rivières, quelques fleuves.
On penserait à un désert plat, si ce désert n'avait pas été conquis par l'homme depuis des millénaires et si, grâce à la facilité des communications, il n'y avait pas tracé des routes, construit des villes et après avoir défriché les forêts primitives qui en constituaient d'abord le paysage constant, créé des champs et cultures, de la betterave,sucrière au blé.
Dans la Flandre française, les plus hautes buttes n'ont pas cent mètres d'altitude. Ce sont tout juste des taupinières qui ne font guère de concurrence aux terrils. Les routes et les voies ferrées passent là en ligne droite, d'une ville à l'autre, sans contrainte. La Flandre maritime fait penser aux Pays-Bas; l'eau en a été repoussée au cours des siècles à coups de pelles et de pioche. Les watergangs sont des marais asséchés. La côte est une muraille de dunes que le vent pousse et repousse et que les herbes aux longues racines qui s'y sont incrustées maintiennent à peu près en place.
La Picardie est plate aussi. C'est la route du commerce, celle aussi des invasions. Les marchands ont suivi les soldats. On s'est battu par là plus que partout ailleurs. Ces grands champs font de beaux champs de bataille, à ce qu'il faut croire, et les hommes ont toujours préféré les grands espaces pour se heurter; ils s'y sentent plus à l'aise que dans les chemins creux, les forêts profondes ou les vallées étroites. Paris est au bout du chemin.
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