PORTUGAL
La fidélité signe la carte du Portugal. La fidélité, et l'amour de la vie. Curieux, vous vous laissez guider vers ce pays menu, parement à la fenêtre de la Péninsule ibérique sur l'Océan. Le vent de jeunesse qui vient d'y souffler, soudain attise votre besoin de connaissance. Certes, la révolution des œillets a-t-elle fait craquer la vieille carcasse. Mais le sang est le même : celui qui fait battre le cœur d'un peuple jeune depuis l'épopée compostellane. Si les fresques de 1974 ont fleuri en telle abondance, si la foule a tant crié dans des cortèges démesurés, c'est parce que le Portugal voulait se donner une autre fête. Bouillant comme la sève de ses arbres, impétueux comme le vent du vieil Océan, le Portugal d'aujourd'hui offre son image de toujours. Vous succomberez au charme...
Entrez par la porte du Nord
Vous pouvez parfaitement arriver par la Castille ou l'Estrémadure ; franchie la frontière, vous ne découvrirez, à de rares détails près, un pays frère de l'Espagne : landes à moutons et bergers, citadelles tenaces, gardiennes d'un attachement jaloux à la terre, et conservatoires des libertés communales tôt acquises. Il vous faudra courir jusqu'aux collines voisines de l'Atlantique pour découvrir enfin l'homme qui aime la vie dans la lutte, et la lutte dans la gaieté. Le voyage par avion vous dépose aux portes de villes de vacances : on vous a privé du plaisir du voyage.
Entrez par la frontière galicienne ; tout de suite les minhotins vont trotter pieds nus sur les routes joyeuses bordées d'hortensias, entre les vignes ; voilà le « jardim do Portugal », débordant de bonne humeur. Entre les serras qui l'isolent de la Castille
et la frange du littoral, la campagne aux vertes collines accueillit dès la Préhistoire de solides foyers de civilisation : le conquérant romain y mit un terme à celui des « castros », contraignant de la sorte les pasteurs à travailler les champs. Aussi, lorsque au XIe siècle, le comte de Bourgogne, nouveau maître du domaine, décida de planter sur les coteaux les vignes de son terroir, ne soupçonna-t-il pas qu'en l'espace de quelques générations, les paysans besogneux allaient leur faire conquérir les vallées, remonter loin celle du Douro, tapisser les vallons autour des abbayes fondées au fur et à mesure de la progression du jeune royaume vers le sud. Mais ces courageux firent davantage qu'agrandir le jardin : ils s'offrirent sans ambiguïté pour appuyer l'avance de la Reconquête sur l'islam, faisant de la province le berceau de la nation.
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